Franchir le cap vie étudiante > vie professionnelle

Par Nicolas Méra le 06-12-2017
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C'est souvent au cours des études, via un job d'été, le recours à l'alternance ou un stage, que vous constaterez l'écart entre la sphère professionnelle et la vie étudiante. Alors, à quels grands changements faut-il s'attendre ?

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La vie étudiante se résume à une poignée d'années dans la vie d'une personne, qui, chez les plus nostalgiques, réveille d'émouvants souvenirs : les révisions de dernière minute, les soirées sur le campus, les pâtes au gruyère et les nouilles chinoises... et j'en passe et des meilleures. Cependant, la vie professionnelle devrait vous occuper bien plus longtemps que vos chères années universitaires, et la transition n'est pas toujours facile à assumer. Voici les grands changements auxquels, d'après mon expérience, il faut vous attendre afin de vous y préparer au mieux.

La répartition travail/loisirs. En qualité d'étudiant et de jeune indépendant, arbitrer entre temps de travail et loisirs penche souvent en faveur du second. Le calendrier universitaire laisse généralement de la place pour une activité sportive hebdomadaire et la soirée est toujours libre pour l'extra-scolaire. Dans un cadre professionnel, vous vous engagerez sous contrat de travail à effectuer un quota d'heures par semaine, ce qui rend l'emploi du temps bien moins flexible. Si vous aviez une activité le mercredi après-midi, il est probable qu'il faille la reporter à une soirée ou écourter la grasse matinée du samedi... Ne laissez néanmoins pas votre temps de travail prendre le pas sur vos activités extra-professionnelles, qui sont tout autant nécessaires à votre bien-être.

Le stress. AAAAAHH ! Je vous ai fait peur ? Pardon, c'était pour introduire le thème. Le stress de l'étudiant est plutôt limité (bien que cela dépende des personnalités et des filières), et son adrénaline grimpe en trois occasions ponctuelles : (1) l'imminence des partiels, (2) la consultation des résultats, (3) la perte des clés de son appartement après une soirée bien arrosée. En revanche, il est dit du milieu professionnel qu'il est source de stress chez nombre de Français, principaux consommateurs d'antidépresseurs dans le monde (cocori... quoi ?). Ne vous laissez pas aller au stress, apprenez à le gérer sur votre lieu de travail, et voyez-y un levier de motivation davantage qu'un carcan qui vous empêche de travailler correctement.

Le budget. Finis les avantages étudiants ! Les réductions ciné, musées, transports en commun, tombent du jour au lendemain et vous vous résolvez à vendre des organes pour voir Pirates des Caraïbes 9. Blague à part, on ne constate tous les avantages dont on bénéficiait en qualité d'étudiant qu'après-coup, lorsqu'il faut payer plein pot la bière au Crous ou débourser une petite fortune pour un billet de train. Second coup de poignard : les impôts ! Il va falloir rédiger votre première déclaration et travailler au plus vite à votre stratégie d'optimisation fiscale.

Paperasse en masse. Cela va de pair avec les impôts : le monde des grands est fait de papiers tous plus importants les uns que les autres. Les bulletins de salaire, les assurances, les relevés bancaires... Préparez un système cohérent d'organisation pour stocker, physiquement ou numériquement, la triste manifestation administrative de votre existence. Rappelez-vous : la retraite se prépare dès maintenant !

La garde-robe mise à jour. Vos placards à vêtements risquent d'évoluer dès vos premiers mois sur le marché du travail, s'adaptant aux exigences du dresscode professionnel. Tailleurs, costumes, cravates, souliers cirés... Il va falloir faire de la place pour un code vestimentaire sobre et propre. (Note : si vous choisissez bien votre start-up, vous pouvez tenir avec vos frusques d'étudiant encore dix bonnes années.) Gardez le sourire ! Ça vous fera toujours quelque chose pour ne pas être en marge aux mariages.

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L'introspection. C'est le seul mot compliqué et sérieux de cet article, alors on va s'y arrêter un moment. D'après mon expérience, on se pose bien davantage de questions lorsque l'on arrive sur le marché du travail que dans la perpétuelle "insouciance étudiante". Pourquoi cela ? Déjà, parce qu'on ne suit plus le cours "linéaire" de l'université et de l'école, où tout nous est expliqué : on maîtrise notre avenir, on peut choisir où l'on souhaite travailler, et quelle cause servir. Du coup, les questions "Ce travail me convient-il ?" ou "Comment vais-je évoluer dans l'entreprise ?" sont récurrentes et exigent un grand travail sur soi. Par ailleurs, on fonctionne sur le "temps long" ce qui rompt avec l'échelle d'une année scolaire et avec les vacances régulières : la signature d'un CDI amène à s'interroger sérieusement sur son avenir dans une entreprise, bien davantage qu'une année en droit à la fac qui fera tampon entre deux "vraies" formations universitaires.

De nouveaux codes. S'il existait un manuel listant les principes régissant la vie de l'étudiant, il ne serait pas bien épais. Mais dans le monde du travail, les codes sont nombreux : déjeuners d'affaires, pauses-café, conference calls, notes de frais, afterworks, séminaires et séances de team building... Préparez-vous à des abréviations et à nombre anglicismes qui font toujours bien pour briller en conversation avec les collègues et dérouter les nouveaux.

Voilà quelques clés qui vous permettront d'envisager votre avenir professionnel plus sereinement – je rectifie : qui vous rendront davantage conscient des nouveaux enjeux qu'un job implique. Bien entendu, toutes les remarques précédentes se fondent sur quelques stéréotypes et une expérience limitée du monde du travail, donc n'en faites pas un cas d'école !

Enfin, sachez que la vie professionnelle n'est pas la fin de l'esprit étudiant. Gardez votre esprit libre et votre insouciance, elles ne feront qu'accroître votre bonne volonté et votre dynamisme sur le lieu de travail ! Ce dernier présente d'ailleurs de nouveaux avantages : les tickets restaurant, un (meilleur) salaire régulier, des opportunités d'avancement, une cafétéria d'entreprise de meilleure facture, le recours aux syndicats... Et la liberté d'exploiter votre formation dans le secteur que vous souhaitez! Alors, faites-vous une bonne assiette de pâtes au gruyère et préparez-vous le meilleur des avenirs!


Nicolas+Méra


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