Les plaisirs de la lecture lors de la vie étudiante

Par Christophe Ponsart le 27-04-2016 0 commentaires | 520 vues

La lecture «pour le plaisir» est une activité extra-scolaire non-plébiscitée par les adolescents et jeunes adultes de nos jours. En général plus orienté sur des activités telles que des sorties entre ami(e)s, le cinéma, le sport ou encore internet et les jeux-vidéos, les étudiants délaissent la lecture, qui se révèle être une contrainte. Nombre de livres sont proposés par les professeurs d'université pour compléter les cours. La lecture est essentiellement studieuse dans ces cas-là. Mais alors, quelle place réserver au plaisir de la lecture ? Au travers d'un bilan personnel et aidé par des amis blogueurs, qui ont répondu aussi sincèrement que possible à certaines de mes questions, je vais exprimer le fait que, même si la lecture se perd au fil des années et que nous représentons une minorité de personnes, nous pouvons tous exprimer que la lecture a ses bienfaits et qu'elle a un rôle prépondérant sur nos vies. 

Un plaisir non-dissimulé 

Je vais essentiellement traiter dans cette partie des lectures divertissantes, tout genre confondu. Certaines personnes passeront leurs bonnes heures sur des classiques, de Stendhal à Zola, en passant par Dumas tout en gardant le pied à terre avec les lectures contemporaines telles que Cassandra Clare ou plus récemment encore, Shannon Messenger. Depuis que je suis inscrit sur le site Livraddict, regroupant une communauté imposante de lecteurs, je vois que la diversité prime avant tout. Il est vrai que nous avons plus ou moins d'affinités selon les genres de lecture que nous apprécions en commun, mais il faut avant tout se dire que nous sommes guidés par une seule et même passion, la lecture. Chaque personne a des choses intéressantes à raconter. Chaque personne a une âme de lecteur assouvie depuis des années. Chaque personne vit à sa façon sa passion pour la lecture. Mais ce n'est pas un plaisir que l'on cache. Une citation de Pierre-Claude-Victor Boiste sonne juste ici: «Tant que l'on peut lire, on n'est pas complètement malheureux». J'ai d'autres activités en dehors de la lecture mais il est vrai que lorsque je ne lis pas pendant un certain temps, j'ai l'impression de perdre quelqu'un, un être, une âme, un ami. Lire est bien plus qu'un plaisir, sans être une contrainte. C'est un moyen de s'évader, de voyager, d'oublier un temps ses problèmes ou sa vie et de plonger entièrement dans l'univers gracieusement offert pour nous par l'écrivain. 

Une bibliothèque à remplir 

Il est vrai que la lecture peut être coûteuse de prime abord, mais nombre d'étudiants achètent leurs livres d'occasion. J'ai récemment discuté avec une copine bloggeuse qui me disait avoir acheté plus d'une dizaine de romans pour la «modique somme» de cinquante euros sur internet, via Leboncoin. Il est vrai que cet argent investi pourrait-être dépensé dans des ressources plus vitales. Mais ce qu'il faut se dire, c'est que les dépenses faîtes pour des livres sont à nous ce que les dépenses faîtes pour sortir en boite de nuit, soirées ou encore payer des extra sont aux autres. La lecture est notre bouée d’oxygène dans un monde qui en manque tellement. 

Mais notre bibliothèque est aussi ce qui fait notre fierté. La mienne s'agrandit de mois en mois. J'achète généralement des livres en grand format, plein tarif. Je songerai peut-être à les avoir d'occasion, mais ce n'est pas à l'ordre du jour. Mon père tient une collection de BD gigantesque. J'ai bon espoir de tenir une collection décente d'ici quelques années. C'est sans doute la chose matérielle auquelle je tiens le plus.   

Le plaisir mélangé au savoir 

Qui a dit qu'il fallait lire des livres d'«université» pour se cultiver ? J'ai appris un nombre incalculable de choses qui me servent pour ma culture générale (des noms d'artistes, des peintures, des lieux, des personnes connues dans certains domaines) dans des livres de fiction. Je lis essentiellement des livres policiers et thriller. Le mélange d'une part de réalité à une part fictive est parfaitement dressé. 

Le fait de faire des études ne doit, selon moi, pas empêcher de goûter au plaisir qu'offre la vie. On nous a doté d'yeux pour lire. D'un cerveau pour comprendre. D'un cœur pour l'émotion. D'un nez pour l'odeur que dégage un bouquin et de mains pour cette sensation de bien-être lorsque l'on tourne les pages une à une et, sans s'en rendre bien compte, nous en avons tourné près de trois cents en quelques heures. 

Apologie de la lecture 

Je vais étayer mon article par quelques témoignages de personnes appréciant la lecture à sa juste valeur, noble et plaisante, pour ensuite mieux revenir sur une anecdote personnelle: 

Posé à Océane, une étudiante en L1 Psychologie: 

• Quel budget réserves-tu à la lecture par mois ? Ce sont des dépenses compulsives ou maîtrisées ?
• Trouves-tu le temps de lire pendant ta vie étudiante ? 

«Alors pour le budget c'est 20 euros maximum par mois, mais en ce moment c'est plutôt 0.
Ce sont des dépenses bien maîtrisées, la plupart du temps je trouve mes livres sur le bon coin mais je réfléchis avant d'acheter.
Et oui évidemment je trouve le temps de lire. Je regarde très peu la télé ce qui m'offre plus de temps pour lire et pendant les périodes de partiels j'alterne 1h de révision puis 15 minutes de lecture» 

Posé à Amélie, une étudiante en Psychologie aussi: 

• Quel budget réserves-tu à la lecture par mois ? Ce sont des dépenses compulsives ou maîtrisées ?
• Trouves-tu le temps de lire pendant ta vie étudiante ? Que t'apporte la lecture ? 

«Pour tout avouer, je n'ai pas de budget fixe par mois pour acheter des livres. En fait chaque début d'année je reçois 150 euros d'aide, pour acheter mes livres de psychologie, pour les études. Mais en réalité il arrive que je prenne parfois 20 euros de cette cagnotte pour me faire un peu plaisir, acheter un livre que je veux absolument. Après je me fais quelques sous en gardant des enfants, et chaque fois que ça arrive, je me permets d'acheter un livre de poche, en promotion (généralement chez Gilbert Joseph). Dépenses compulsives ou maîtrisées... un peu des deux ! Je passe souvent dans les librairies ou grande distribution pour acheter ou commander des livres pour les études, et je ne peux pas m'empêcher de flâner dans les rayons et parfois je craque, je prends un livre qui me fait de l’œil depuis longtemps. Ça c'est un peu compulsif, c'est un peu plus fort que moi. Mais c'est maîtrisé, je n'en prends qu'un ou deux, selon ce que j'ai gagné ou dépensé pendant le mois. Je ne dépense pas beaucoup comparé à d'autres lecteurs (étudiants ou non je sais pas). Je dirais que je maîtrise, quand même» 

«Je n'ai pas spécialement le temps de lire. Ma raison me force à travailler, à lire de la psychologie et à faire des recherches. Mais je trouve le temps de lire oui, c'est ma «pause» de révision ou d'écriture. Je révise une heure et paf, un quart d'heure de lecture (qui peut facilement se transformer en 1 heure de lecture).
J'ai aussi l'inconvénient de faire de longs trajets d'1h30 pour aller jusqu'à ma fac. Dans ce long trajet, 30 minutes de car, qui se transforment en 30 minutes de lecture. Du coup j'aime bien, ce long trajet... Je lis par petits coups, en semaine, en week-end. Mais quand un livre me plaît, je ne le lâche plus jusqu'à la fin. Peu importe les révisions ou les cours il faut que je le finisse. La lecture était merveilleuse, mais le revers de la médaille est fatal : j'ai des cours et des révisions à rattraper. La lecture ce que ça m'apporte... eh bien beaucoup de choses. Déjà ça me détend. Je suis d'un naturel assez stressé et me poser avec un livre quelque part, ça me déconnecte je pense plus à rien d'autre que l'histoire et ça me détend. C'est aussi bon qu'un massage. Aussi bizarre que ça puisse paraître, ça m'apporte des idées. Des idées d'histoire, des idées de formulation de phrases, des idées de recherche pour la psycho... j'ai découvert ça cette année. Chaque livre m'amène de nouvelles idées, de nouveaux angles de réflexion. La lecture m'apporte beaucoup de plaisir, comme tous les lecteurs, surtout les assidus. Mais quand je ne lis pas pendant longtemps (genre longtemps 2 semaines... ou plus) je me sens triste. Enfin je ne me sens pas triste mais ennuyée. Quand dans ma tête j'ai un surplus de psycho, de cours, de trajets, de stress, d'ordinateur et tout ça, en fait j'ai remarqué qu'en me plongeant dans un bon livre, ça ramenait tout à 0 et je pouvais repartir sur des bonnes bases. Même si je manque de temps, d'argent ou de livres (jamais), je ne peux pas me passer de lectures. Même en étudiant une matière qui me plaît beaucoup, la pause lecture est essentielle» 

Pour ma part et répondant aux mêmes questions: 

«Je n'ai pas de budget fixe par mois attribué à l'achat des livres. Cela dépend vraiment des lectures conseillées, de l'envie que j'ai de compléter une collection ou de découvrir un bouquin et si je passe en librairie ou non, car comme le souligne Amélie, nos regards portent toujours vers quelques couvertures attirantes, renforçant le fait d'achat compulsif ! Mais je maîtrise autrement mes achats par mois, à raison de 2-3 livres, souvent grand format.
Pour ce qui est de mon temps de lecture, cela varie. Oui je trouve du temps car je n'ai que l'université et pas d'activité annexes. Donc le temps que je pourrais passer dans ces activités-là je les passe dans la lecture et j'apprécie énormément ces instants de calme et de sérénité. La lecture m'apporte tellement de choses mais je pense l'avoir assez énoncé dans cet article.» 

Anecdote personnelle: 

La lecture n'est pas innée, bien que des personnes baignent dedans depuis tout petit. Pour ma part, j'ai mis du temps à lire mon premier livre. Mes parents s'en tiraient les cheveux. Préférant passer mes heures sur l'ordinateur, je rechignais à lire plus de cinq pages. Je trouvais ça d'un ennui ! Finalement, un livre a servi d'électrochoc, mêlant histoire et polar. J'avais quinze ans, c'était neuf ans auparavant. Depuis, il est difficile de rester quelques jours sans lire. J'ai bien entendu des périodes où je lis beaucoup plus que d'habitude, mais j'y ai pris goût. C'est un plaisir non-dissimulé maintenant. Je vous quitte en vous disant que nombre de livres m'ont permis de voyager, m'ont permis de m'instruire. Que la lecture est une bonne chose et que les études n'y changent rien. Si vous aimez lire, continuez. Car peu de choses se révèle être aussi distrayantes et addictives dans la vie, procurant une multitude de sensations que chaque livre garanti, à sa façon !
Je remercie sincèrement Océane et Amélie pour le temps qu'elles m'ont accordées. Un lien vers leurs deux blogs est une nécessité. 

En vous souhaitant à tous d'agréables moments de lecture. Vous verrez, une fois que la passion débute, elle ne vous lâchera plus !

Voici en bonus une petite liste de livres que vous pouvez lire: 

- La saga Eragon de Christopher Paolini
- La saga du seigneur des anneaux de Tolkien, incontournable.
- Le cycle fondation d'Asimov (science-fiction)
- Harry Potter bien entendu, que l'on ne cite plus.
- Phobos, une trilogie de Victor Dixen (deux tomes sont sortis pour l'instant), c'est une téléréalité qui se passe dans l'espace puis sur Mars.
- Cité 19 de Stéphane Michaka (deux tomes), lecture récente mais sous le charme de ces deux bouquins.
- Les livres de Bernard Minier (quatre au total). 

Pour d'autres conseils, vous pouvez consulter le blog de l'auteur, Christophe Ponsart. 


Christophe Ponsart

2ème année de Licence Science du Langage à Montpellier

Parcours Communication, Médias, Médiation numérique (CMM)

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